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Le 15

e

jour du mois

mensuel de l’Université de Liège

253

avril 2016

www.ulg.ac.be/le15jour

6

omni

sciences

ircuits courts,

production biolo-

gique, travail du sol

sans labour, maraî-

chage en perma-

culture, agriculture

urbaine, etc. Dans le domaine agroalimen-

taire, les nouvelles initiatives de transition ne

cessent d’éclore. Le plus souvent, elles

répondent aux associations et citoyens

inquiets devant les crises planétaires (climat,

biodiversité, énergie). Encore faut-il que les

agriculteurs puissent être accompagnés par

des professionnels disposant des compétences

nécessaires pour concrétiser et crédibiliser les

projets.

Le nouveau master interuniversitaire en

agroécologie, proposé dès la rentrée acadé-

mique prochaine, tombe à propos. Son objec-

tif : former des experts capables d’analyser la

dynamique et la complexité des agrosystèmes,

tant d’une manière quantitative que qualita-

tive. Telle est, en effet, l’ambition de l’agroé-

cologie, discipline en plein essor : questionner

la durabilité des systèmes agroalimentaires

classiques et, en réponse aux impasses ren-

contrées, proposer des modèles plus sûrs,

plus durables, plus équitables, plus résilients.

UNE RECHERCHE DE SENS

«

Les prises de position répétées d’Olivier De

Schutter, l’ex-rapporteur spécial des Nations

unies sur le droit à l’alimentation, ont joué un

rôle clé dans la légitimation internationale de

l’agroécologie

, estime Pierre Stassart, cofonda-

teur et président du Groupe interdisciplinaire

de recherche en agroécologie (Giraf, FNRS),

responsable, depuis trois ans, du certificat en

agroécologie et transition sur le site arlonnais

de l’ULg.

Mais la FAO elle-même soutient

la discipline depuis 2014 et, chez nos voisins

français, le ministre de l’Agriculture Stéphane

Le Foll l’a inscrite très officiellement à l’agenda

du gouvernement. En outre, les jeunes sont

demandeurs de sens. Ils veulent davantage de

liens entre les disciplines qui leur sont ensei-

gnées et les grandes questions d’actualité

. »

Les deux mots clés de ce nouveau master,

orienté tant sur les zones tempérées que tro-

picales, sont “interuniversitaire” et “interdis-

ciplinaire”. Le premier, parce qu’il s’organise

en partenariat avec l’École interfacultaire de

bio-ingénieurs de l’ULB et AgroParisTech

de l’université Paris-Saclay : ainsi, d’un qua-

drimestre à l’autre, les étudiants fréquente-

ront successivement les campus d’Arlon, de

Gembloux et de Bruxelles, et,

in fine

, celui

de Paris (de manière facultative). Le second,

parce que la formation, au-delà des approches

strictement techniques des sciences du sol ou

du paysage, flirtera largement avec les sciences

sociales. «

Et pas seulement au travers des

approches théoriques des enseignants

, souligne

Jérôme Bindelle, professeur de production

animale dans l’unité d’élevage de précision

et de nutrition de Gembloux Agro-Bio Tech,

autre cheville ouvrière du master.

Outre les

bio-ingénieurs, il s’agit, aussi, d’attirer des étu-

diants originaires de filières non agricoles –

biologie, géologie, géographie, sciences sociales,

médecine vétérinaire, etc. – afin que les ques-

tionnements sur l’agroécologie dans le cadre des

cours soient réellement interdisciplinaires

. »

SUR LE TERRAIN

En matière d’interdisciplinarité, les forma-

tions respectives des trois compères de l’ULg

sont éloquentes : agronome et sociologue

pour Pierre Stassart, docteur en sciences

agronomiques et ingénieur civil pour Jérôme

Bindelle, et écologie pour Marc Dufrêne.

«

Les étudiants inscrits – nous en espérons

une quinzaine – seront confrontés à des expé-

riences de terrain très variées

, souligne Marc

Dufrêne.

Il y aura aussi des études de cas,

des mises en situation, etc. L’idée forte est de

les amener à comprendre les facteurs de blo-

cage des situations complexes, mais aussi les

impacts systémiques des décisions susceptibles

d’être prises en réaction à celles-ci, qu’elles

soient assumées ou pas par les acteurs concer-

nés

. »

Philippe Lamotte

Contacts :

courriels

marc.dufrene@ulg.ac.be

et

p.stassart@ulg.ac.be

,

site

www.gembloux.ulg.ac.be

Agro

écologie

D’Arlon à Paris, en passant par Bruxelles et Gembloux :

un nouveau master dès la rentrée 2016-2017

Jusqu’ici assez rare, l’Ambroisie peut néan-

moins être considérée comme une nouvelle

épée de Damoclès pour la santé humaine

et le rendement des cultures.

William

Ortmans l’étudie de très près.

e n’est plus un secret.

Réputées pour leurs propriétés

envahissantes, certaines

plantes donnent du fil à

retordre aux gestionnaires des

parcs, jardins, réserves et

espaces naturels. C’est le cas, par exemple,

pour les Renouées du Japon, les Balsamines

de l’Himalaya, les Berces du Caucase. Malgré

leurs noms délicieusement exotiques, ces

végétaux peuvent avoir la fâcheuse tendance,

ici et là, de supplanter leurs congénères dans

des écosystèmes rares ou déjà fragilisés.

Devra-t-on, bientôt, compter avec une

nouvelle indésirable dans nos campagnes ?

La réponse est “oui, si...”. L’Ambroisie

(

Ambrosia artemisiifolia

L.

) – à ne pas

confondre avec l’Armoise – est certes

“sous contrôle” actuellement en Belgique.

Originaire d’Amérique, cette plante sau-

vage de la famille des Astéracées, grande en

moyenne de 70 cm, n’est présente que dans

une poignée de sites industriels agroalimen-

taires proches des infrastructures de trans-

ports. Mêlées aux graines d’autres cultures

(maïs, tournesol), elle “choisit” en effet les

bennes des camions et les cales des péniches

pour se propager partout où le commerce

se développe. Ses graines tombées par inad-

vertance sur le sol se contentent de germer

sur place (parfois après une “dormance” de

plusieurs années), mais aucune expansion

n’est signalée.

Vigilance

botanique

L’Ambroisie à feuilles d’Armoise (

Ambrosia artemisiifolia L.

)

Marc Dufrêne

W. Ortmans