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www.ulg.ac.be/le15jour

avril 2016

253

mensuel de l’Université de Liège

Le 15

e

jour du mois

’e-business,

c’est avant tout une

dématérialisation de pans entiers de

l’économie. Damien Jacob, profes-

seur invité à HEC Liège et associé au

bureau-conseil Retis, distingue trois

grandes vagues qui ont accompagné ce phénomène :

«

Tout a commencé par une numérisation progressive,

mais non anticipée, de secteurs bien identifiés comme

celui du disque. Puis, la vague de l’e-commerce est

apparue et a notamment bouleversé le commerce de

détail. Enfin, la troisième vague est marquée par les

plateformes d’économie collaborative, un terme qui se

généralise, mais qui n’est pas le plus approprié. Presque

plus aucun secteur n’échappe maintenant à cette tran-

sition numérique, même les services publics !

»

PARADOXE

Comme toute nouveauté, l’

e-business

a dû d’abord

faire ses preuves. Comment aurait-on pu imaginer

que le consommateur se mettrait un jour avec autant

d’ardeur à acheter des chaussures sans les avoir essayées

au préalable ? Ce qui ne veut pas dire que n’importe

quel produit pourra se vendre facilement sur la Toile.

«

Aujourd’hui, presque tous les projets d’e-commerce

en Belgique sont amenés rapidement à se développer à

l’international. Mais c’est souvent un casse-tête adminis-

tratif et financier pour l’e-commerçant, en particulier au

niveau de l’application de la TVA.

»

Ce n’est pas tout. Face aux géants du secteur, «

il ne

peut être question de proposer des biens standard

». Il

faut aller chercher l’inattendu, l’originalité, mais aussi

l’authentique et la qualité. Bien que cela paraisse para-

doxal de prime abord, l’artisanat et les circuits courts

se marient bien avec l’e-commerce. Par exemple, des

sites internet proposent des produits wallons et bio,

payables en ligne et acheminés chez le client. Une

offre qui rencontre les attentes des consommateurs.

Or, précisément, le point commun entre l’e-com-

merce et le commerce traditionnel, en magasin,

c’est le consommateur. Au début du “nouvel

eldorado”, le client a pu être placé au second plan

et se trouver confronté à un service médiocre et

parfois à des vendeurs peu fiables. Au point de

trouver l’achat en ligne «

anxiogène

», comme le

relève Damien Jacob dans sa contribution à un

nouvel ouvrage* qui met en lumière les nouvelles

tendances dans l’

e-business

. Toutes les enquêtes

montrent que le Belge demeure méfiant, surtout

lorsqu’il s’agit de procéder à un paiement par carte

de crédit. Renforcer la confiance en l’e-commerce

est un chantier auquel s’est attaquée la Commission

européenne.

La directive 2011/83/UE met en place l’harmonisation

complète des règles en Europe concernant la vente

à distance en “BtoC” (du vendeur professionnel à

l’acheteur particulier). La mesure la plus percutante

est l’obligation faite à l’e-commerçant de mettre à la

disposition de l’acheteur sur son site un formulaire

type de rétractation, un droit méconnu alors qu’il est

essentiel au développement de la confiance du client

et donc à la bonne santé d’une entreprise de e-com-

merce. «

Il sert à contrebalancer les faibles possibilités

d’information et d’examen par l’acheteur avant la

contractualisation

», rappelle Damien Jacob.

rassurer

Le client peut exercer ce droit sans donner aucune

motivation, même si le vendeur a bien respecté le

contrat de départ. C’est ainsi qu’au Royaume-Uni,

les professionnels ont commencé à proposer chacun

un délai de rétractation de plus en plus long, jusqu’à

ce que la pratique érige en standard un délai de 100

jours, bien que le délai légal, lui, soit de 14 jours. Par

conséquent, une des clés de la réussite dans ce secteur

comme dans tout autre est bien de se montrer proactif

et d’être capable de transformer une contrainte en

atout.

Ariane Luppens

article complet sur

www.reflexions.ulg.ac.be

(rubrique Société/économie)

* “Les entreprises et l’e-business : nouvelles tendances”,

Wolters Kluwer, 2016.

omni

sciences

E-business

Leclient est toujours roi

I

ls ont tout évalué,

lu les syllabi,

interrogé aussi bien les enseignants que les

étudiants, expertisé les méthodes d’évalua-

tion, visité les salles de cours, demandé des

copies des épreuves cotées et même visua-

lisé les tables d’examen. Vraiment tout ! Résultat :

depuis le 16 février, le certificat d’université en

thérapie manuelle orthopédique (TMO) de l’ULg

a reçu un critère d’excellence de l’International

Federation of Orthopaedic Manipulative Physical

Therapists (IFOMPT), l’organe international exa-

minant la qualité des instituts de formation de cette

spécialisation de la kinésithérapie pour la prise en

charge des problèmes neuro-musculo-squeletti-

ques (cervicalgies, lombalgies, douleurs d’épaule,

de coude, de hanche, de genou, etc.).

SPÉCIALISATION

La thérapie manuelle est une pratique basée sur le rai-

sonnement clinique ainsi que sur les caractéristiques

biopsychosociales de chaque patient. Elle utilise des

approches validées scientifiquement, comprenant des

techniques manuelles et des exercices thérapeutiques.

«

Le thérapeute manuel combine des méthodes “hands

on” mobilisatrices et manipulatives et “hands off”, à

savoir des exercices d’étirement, de renforcement

réalisés par le patient sous le contrôle du thérapeute

puis à domicile de manière autonome, et ce afin

de prévenir la récidive. C’est notamment cet aspect

rééducatif qui nous différencie de l’ostéopathie

»,

explique le Pr Marc Vanderthommen, responsable

académique de ce certificat.

Le département des sciences de la motricité orga-

nise en effet, depuis 2013, un certificat en thérapie

manuelle de deux ans (75 crédits en horaire décalé),

certification qui rencontre un vif succès auprès des

kinésithérapeutes. Il s’inscrit aussi dans le cadre du

futur passage à cinq ans de la kinésithérapie qui

comprendra des spécialisations officielles ou “qua-

lifications professionnelles particulières”, soit six

verticilles : pédiatrie, neurologie, respiratoire, car-

diovasculaire, périnatale et TMO. En Flandre, où

la kinésithérapie comporte déjà cinq ans, 80% des

étudiants choisissent en dernière année l’option

leur permettant d’engranger 30 crédits en TMO. La

raison est évidente : ce sont les douleurs et dysfonc-

tions musculo-squelettiques qui touchent la plus

grande partie de la population et qui constituent

un gros contingent de la patientèle du kinésithé-

rapeute. Elles représentent l’une des causes d’in-

capacité les plus fréquentes à travers le monde et

les données épidémiologiques suggèrent que leurs

répercussions continuent de s’accentuer.

Le thérapeute manuel s’adapte en fonction de son

raisonnement clinique et des hypothèses qu’il

aura émises. La TMO permet de traiter les dys-

fonctionnements articulaires, neurodynamiques,

musculaires et sensorimoteurs. Côté matériel uti-

lisé, il peut s’agir de ballons de rééducation, d’élas-

tiques, de sangles ou d’appareils de biofeedback

(Stabilizer, laser associé à une cible, plateforme

de stabilométrie). Ces traitements sont complé-

tés et remplacés, si nécessaire, par de l’éducation

thérapeutique et fonctionnelle (exercices, style de

vie, éducation à la neurophysiologie de la douleur,

etc.). Si une ou deux séances peuvent être suffi-

santes dans certains cas, on en dispense davantage

lorsqu’une prise en charge plus rééducative est

nécessaire afin d’améliorer la qualité de vie et de

réduire le risque de récidive.

SUR MESURE

Tel le cas d’Isabelle, une enseignante de 40 ans

atteinte de douleurs chroniques à la suite d’un

accident de voiture : «

C’est un travail sur le long

terme mais, grâce à cette thérapie, je peux main-

tenant tourner à nouveau la tête correctement.

Un exercice consistant à viser une cible avec un

laser installé sur un casque m’a, par exemple, per-

mis de me rendre compte que j’étais gênée par des

mouvements parasites qui relèvent plus du physique

que du psychologique.

» Yannick, lui, se montre

véritablement laudatif : «

Le thérapeute manuel

m’a soulagé avant et après mon opération d’une

hernie discale. Il m’a permis de récupérer d’une

ancienne opération du genou pour laquelle la réé-

ducation traditionnelle n’avait pas fonctionné. Je

ne savais plus monter un escalier et, maintenant, je

rejoue au squash !

»

À partir du 1

er

janvier 2017, conformément à

l’arrêté royal pris récemment, tous les “théra-

peutes manuels” devront avoir obtenu l’agrément

pour cette qualification professionnelle parti-

culière. «

Dans ce cadre, nos étudiants, à l’issue

de leur formation, pourront se prévaloir de ce

titre, renforcé par la reconnaissance internationale

de la l’IFOMPT

», note Christophe Demoulin,

chef de travaux à l’Institut supérieur d’éducation

physique et de kinésithérapie de l’ULg.

Fabrice Terlonge

Informations sur

www2.sci-mot.ulg.ac.be/cutm/