Septembre 2014 /236

Luminaires intelligents

SmartNodes prend le relai de Geppadi

On évalue à près de 14 milliards le nombre d’objets connectés à travers le monde. SmartNodes, dernière spin-off en date de l’ULg, propose d’y ajouter quelques poteaux d’éclairage.

Smartnodes-EquipeDans son numéro 223, d’avril 2013, Le 15e jour du mois rapportait que le consortium Gestion de l’éclairage public des parcs d’activités, durable et intelligente (Geppadi) avait lancé un projet pilote d’éclairage intelligent dans un parc d’activités à Grâce-Hollogne. Depuis, d’autres sites ont été équipés : parkings de covoiturage à Sprimont (E25) et une partie du parking de Verlaine sur l’E41. Ces tests en vraie grandeur permettent d’encore peaufiner le logiciel de contôle de l’éclairage, mais cles prouesses ainsi enregistrées ont permis aux trois ingénieurs de l’Institut Montefiore (Guy Lejeune, Etienne Michel et Matthieu Remacle, sous la direction du Pr Jacques Destiné) d’intervenir sur un chantier de piste cyclable à Tirlemont. Le système allemand initialement retenu, et dont la réception était prévue fin juin, ne tenait pas ses promesses… Appelée à la rescousse avec ses modules, l’équipe a non seulement prouvé sa compétence et sa réactivité, mais aussi la capacité de son dispositif à faire face à des conditions adverses. Dans le cas de Tirlemont, il s’agissait de perturber le moins possible l’écosystème et de minimiser les allumages intempestifs dus à la présence d’animaux dans les marais jouxtant la piste. Tout en diminuant, bien sûr la consommation d’énergie – et le coût de l’éclairage – ainsi que l’empreinte CO2.

Fort de ces succès, le Pr Jacques Destiné et son équipe ont entrevu la possibilité de développer une activité commerciale originale. Après un périlleux parcours du combattant, SmartNodes SA sera portée sur les fonts baptismaux dans les semaines à venir. Renforcée par Jean Beka, son futur CEO qui a fait ses armes dans l’industrie microélectronique, la spin-off fabrique déjà un module intelligent d’éclairage et étend aussi la gamme de ses produits. Car les projets sont très nombreux, tant les potentialités de “simples” poteaux d’éclairage intégrés dans “l’internet des objets” sont foisonnantes. L’intelligence embarquée dans chaque luminaire permet d’abord d’en moduler la lumière, sa durée, son intensité – voire sa couleur – en fonction de critères comme la vitesse du mobile à éclairer, sa nature et sa taille. Elle permet ensuite de s’adapter aux conditions climatiques. Chaque module d’éclairage peut, en outre, signaler une défaillance à un central de commande, celui du gestionnaire de réseau dans un premier temps. Car à la variété des capteurs et à l’intelligence s’ajoute la communication entre les éléments et même à d’autres d’applications qui sortent du domaine de l’éclairage. On se contentera de citer ici la mesure du trafic sous chaque luminaire, ce qui ouvre la voie à de nouvelles perspectives telles que le contrôle de la circulation par exemple. Seule l’imagination tempérée par les contraintes économiques constitue la limite des capacités!

Depuis le XIXe siècle, l’éclairage public n’a connu aucune évolution fonctionnelle : il n’a fait qu’illuminer – de mieux en mieux – nos rues. Maintenant, il est numérique : il voit, il pense, il communique et, parcimonieux en énergie, nous éclaire en toute sécurité tout en respectant l’environnement.

What else ?

Marc-Henri Bawin
Sur le même sujet :
Imprimer | printer PDF | printer Envoi par Courriel |
|
Egalement dans le n°265
Nicolas Javaux, master en langues et littératures romanes et françaises
Nouveau master en Sciences appliquées
Un procédé chimique révolutionnaire
Un manque de respect pour les malades mentaux
La 3D au service de l’histoire