December 2016 /259

En français dans le geste

Nouvelle filière en traduction

Depuis la rentrée, les étudiants en traduction-interprétation ont la possibilité de suivre un bachelier en anglais/langue des signes francophone. Ce nouveau cursus, élaboré en collaboration avec l’université Saint-Louis-Bruxelles, répond à un besoin réel d’interprètes vers la langue des signes.

Jusqu’à ce jour, l’initiation à la langue des signes était encore peu répandue dans l’enseignement supérieur. L’apprentissage se limitait majoritairement aux cours du soir ou de promotion sociale.

LejeuneBrigitteÀ l’ULg, cette langue particulière est enseignée depuis 2010 au sein de la faculté de Psychologie et, plus particulièrement, du master en logopédie. Depuis septembre 2016, la discipline s’est étendue aux études en traduction-interprétation en faculté de Philosophie et Lettres. Une nouvelle réjouissante lorsqu’on sait que les besoins émis par la communauté des sourds et malentendants et des institutions publiques ne sont que partiellement satisfaits. « La demande d’interprètes qualifiés émane tant du domaine privé que public. Les personnes malentendantes recourent en effet très fréquemment à un interprète pour les accompagner dans différentes situations de la vie quotidienne. Malheureusement, la réponse à leurs besoins reste faible. Dans le secteur public et professionnel, la langue des signes est également peu représentée. Je pense notamment aux institutions politiques qui font appel à des interprètes dans le cadre d’une conférence ou d’une réunion, explique Julien Perrez, chargé de cours au département de langues et littératures modernes et directeur de la filière. Le sous-titrage ne représente pas une solution suffisante ni satisfaisante car, dans la plupart des cas, les personnes sourdes ne savent pas lire (l’apprentissage de la lecture passe en effet par la langue parlée). »

En raison du caractère oral de son enseignement, le bachelier en anglais/langues des signes s’adresse à des personnes entendantes désireuses de répondre aux besoins de la communauté malentendante. Cours d’anglais, cours généraux à finalité culturelle et cours de langue des signes francophone écrite et orale signée composent l’essentiel du cursus.

« Traditionnellement, les étudiants interprètes devaient choisir deux langues parmi l’anglais, le néerlandais, l’allemand et l’espagnol. Désormais, ils peuvent opter pour la langue des signes comme deuxième langue. Néanmoins, celle-ci doit obligatoirement être combinée avec l’anglais pour une question d’organisation. Les cours ont lieu à Liège et à Bruxelles à raison d’une après-midi par semaine et certains sont donnés à distance », précise Julien Perrez.

Les fonds alloués par la Fédération Wallonie-Bruxelles et le Service public de Wallonie ont en effet permis la création d’un laboratoire destiné à la formation et la pratique de la langue des signes. Ce Language District situé dans le complexe Van Beneden-Pitteurs dispose de 17 cabines, chacune munie d’un ordinateur et d’une caméra, permettant aux étudiants de suivre les cours dispensés par l’université Saint-Louis-Bruxelles ou d’engager des conversations à distance avec plusieurs intervenants.

Depuis la rentrée, cinq étudiants sont inscrits dans le cursus, mais ce nombre devrait augmenter. Un pari sur l’avenir que Julien Perrez fait avec enthousiasme : « Le cursus proposé depuis cette année est encore peu connu mais, au vu de la demande et des débouchés subséquents, l’engouement devrait croître sur le long terme. » À la fin du bachelier, les étudiants auront atteint un niveau 6. Ils pourront compléter leur formation par le master dispensé à l’UCL et ainsi atteindre le niveau 7 requis pour prétendre au titre d’interprète officiel.


* informations : tél. 04.366.56.74, courriel julien.perrez@ulg.ac.be

Marjorie Ranieri
Photo : J.-L. Wertz
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