December 2016 /259

Mission royale

L’université de Liège au Japon

Consolider les relations avec leurs partenaires, tel était l’objectif du Recteur et des chercheurs qui ont fait le voyage au pays du Soleil-Levant en octobre dernier, dans le sillage de la visite d’État menée par le roi Philippe.

Tokyo-02« Voyager dans ce cadre lors d’un séjour au Japon est un véritable privilège, convient le recteur Albert Corhay. Dans ce système politique très hiérarchique, très organisé, faire partie de la délégation royale est en soi un gage de crédibilité, voire d’excellence. L’événement est pris très au sérieux par les hôtes japonais, et les plus hauts responsables académiques et industriels se sont empressés de répondre à l’invitation de l’Ambassade de Belgique notamment et d’ouvrir la porte de leurs laboratoires. » Une opportunité unique de montrer à un public intéressé l’expertise et le savoir-faire de l’université de Liège. Et l’occasion de signer deux accords à Tokyo.

Recherches

Impliqué depuis plusieurs années dans des relations avec Toyota, le Pr Pierre Duysinx (département aérospatial et mécanique) rappelle que la faculté des Sciences appliquées mène plusieurs collaborations scientifiques avec les universités de Kyoto, Tokyo et Osaka. Preuve de ce partenariat particulièrement constructif, le Pr Noboru Kikuchi – actuel directeur du laboratoire central de recherche Toyota – a reçu les insignes de docteur honoris causa de l’ULg en 2008. « Depuis lors, nous poursuivons plusieurs projets de recherche et élargissons nos collaborations. Nous envisageons maintenant le financement d’un doctorant par Toyota », note avec satisfaction le Pr Duysinx.

De passage à l’ULg, le Pr Kikuchi s’est montré très intéressé par les travaux du “Lab for User Cognition & Innovative Design” (LUCID-ULg), ce qui a donné lieu à plusieurs rencontres informelles. « J’ai été invité à donner deux conférences à Tokyo et à Nagoya en 2015, rappelle le Pr Pierre Leclercq, directeur du LUCID. Mais en participant au voyage emmené par Sa Majesté le Roi, nous avons eu la chance – grâce à l’intermédiaire de Claire Ghyselen de l’Awex – de présenter notre outil collaboratif à distance devant un public de responsables industriels de haut vol, particulièrement intéressés par les développements de solutions innovantes. » Via sa spin-off SpatioData, spécialisée dans les applications logicielles collaboratives, le LUCID développe aujourd’hui des contacts avec plusieurs sociétés japonaises, comme la filiale belge de l’équipementier automobile JTEKT Torsen.

Totalement investi dans la construction de la future “voiture intelligente”, le constructeur Toyota est très attentif au développement des neurosciences. « Sa volonté est d’appréhender les interactions entre l’humain et la machine, déterminer le niveau de vigilance d’un conducteur réduit au second rôle dans le cas d’une voiture intelligente, etc. », explique Steven Laureys, directeur de recherche au FRS-FNRS (GIGA-Consciousness) qui a signé, le 13 octobre, un contrat de conseiller scientifique avec le laboratoire central R&D de l’entreprise automobile.

Tokyo-01Il n’est pas le seul au GIGA à avoir des liens privilégiés avec des partenaires nippons : le Pr Vincent Castronovo, qui a déjà signé en 2014 une convention avec l’université de Gumma pour des recherches sur le cancer du sein, a obtenu une convention de recherche soutenue par le FNRS et le JSPS avec le Pr Y. Shimono de l’université de Kobé. Dans cette même université, le Pr Agnès Noël et le Dr Nor Edinne Souni travaillent avec le Pr M. Yoshida sur un programme lié aux rôles de dérivés lipidiques dans le cancer du sein. Quant au Pr Éric Salmon, il mène à Kobé des projets de recherche en imagerie médicale avec le Pr R. Sasaki. Pour le Pr Jacques Piette, vice-directeur du GIGA-Recherche, « la dynamique instaurée avec Kobé dans le domaine biomédical est bien engagée et sera certainement amplifiée car la complémentarité de nos équipes est évidente. »

Sans doute le plus jeune de la délégation, Quentin Schmetz, doctorant à Gembloux Agro-Bio Tech, a également eu l’occasion de présenter le contexte de ses études au Japon et d’évoquer la thématique de sa thèse intitulée “Étude des prétraitements Organosolv à l’alcool et valorisation de biomasses belges et japonaises dans un contexte de bioraffinage”. Une thèse cosupervisée par le Pr Chiaki Ogino de l’université de Kobé avant, peut-être, d’être réalisée en cotutelle.

Enseignement

Andreas Thele, directeur du Centre d’études japonaises, a fait de 1989 à 1991 de la recherche pour son doctorat à l’université de Tsukuba. « J’avais déjà accompagné la mission princière en 2012, raconte-t-il. Et je participe régulièrement aux symposiums organisés par l’Office européen de l’université de Kobé à Bruxelles. Par ailleurs, j’ai accueilli plusieurs responsables académiques de nos partenaires japonais à Liège dans le but de formaliser des échanges d’étudiants. En septembre dernier, deux étudiants du master Chine-Japon sont partis pour cinq mois à l’université de Fukuoka et, en octobre deux autres étudiants à Kobé. J’espère qu’une collaboration s’installera aussi, graduellement et sûrement (même si nous devons nous armer de patience) avec l’université de Tsukuba que j’ai encore visitée en juin dernier… Par ailleurs, ce voyage nous a permis de signer un accord avec l’université de Nagoya, laquelle offre des bourses d’accueil, des cours de langue et de civilisations japonaises. Comme nos autres partenaires,, elle propose dans le cursus plusieurs cours en anglais. »


Patricia Janssens
Photos : M. Macharis
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