December 2016 /259
TypeArt

Mademoiselle

Mademoiselle

Un film de Park Chan-Wook
Avec Kim Min-Hee, Kim Tae-Ri, Jung-Woo Ha
À voir aux cinémas Chruchill, Le Parc et Sauvenière

Corée. Années 30, pendant la colonisation japonaise. Une jeune femme (Sookee) est engagée comme servante d’une riche Japonaise (Hideko), vivant recluse dans un immense manoir sous la coupe d’un oncle tyrannique. Mais Sookee a un secret. Avec l’aide d’un escroc se faisant passer pour un comte japonais, elle a d’autres plans pour Hideko…

Est-il nécessaire de rappeler qui est le génial Park Chan-Wook, réalisateur coréen habitué du Festival de Cannes où son Old Boy avait fait l’effet d’une bombe ? Park (le prénom et le nom sont inversés en coréen) est une des figures de proue de l’un des cinémas les plus excitants du moment, le cinéma coréen, et Mademoiselle ne viendra pas démentir qu’il est en grande forme.

Les références plus ou moins subtiles pullulent dans ce dernier opus : on pense au Rebecca d’Hitchcock, avec son immense maison où le gothique croise le style victorien ; on pense à Mankiewicz, dans les jeux de dupes et de manipulation comme dans l’élégance de la mise en scène (Eve et Le limier, entre autres). On pense enfin à Nagisa Oshima et son Empire des sens dans la dimension sexuelle sadomasochiste.

Réduire Park a un élève appliqué serait toutefois une erreur, tant le cinéaste s’amuse à prouver encore et encore tout son savoir-faire. Travellings vertigineux, lumière délicate, cadrages perturbants, caméra en perpétuel mouvement : Park exploite pleinement les possibilités du médium cinéma pour raconter son histoire, quitte à sombrer parfois dans le maniérisme – mais c’est aussi ça la patte de Park Chan-Wook. Surtout, le cinéaste ne perd jamais de vue son histoire pleine de rebondissements et de twists, où le jeu des “manipulateurs manipulant des manipulés plus manipulateurs que les premiers” est presque jouissif et continue la réflexion, certes sommaire mais toujours efficace, derrière laquelle le vernis des apparats, la violence et l’horreur peuvent être immenses.

Envoûtant, dérangeant, fascinant, le nouveau film de Park Chan-Wook est une leçon en termes de thriller, où l’érotisme le dispute à la violence, l’eros à thanatos. Qu’il est bon de pouvoir découvrir des films aussi radicaux et divertissants à la fois!


Si vous voulez remporter une des dix places (une par personne) mises en jeu par Le 15e jour du mois et l’ASBL Les Grignoux, il vous suffit de téléphoner au 04.366.48.28, le mercredi 21 décembre, entre 10 et 10h30, et de répondre à la question suivante : quel film de vampire Park Chan-Wook a-t-il réalisé ?

Bastien Martin
Imprimer | printer PDF | printer Envoi par Courriel |
|
Egalement dans le n°264
La plateforme collaborative
De l’utilité du juge de paix
Cabinet de curiosités
Un must à l’hôpital
La Semaine des insectes, du 27 mai au 3 juin
Un film inspirant
Actualité
Actu

Un dossier du numéro de printemps de Voix Solidaires, le magazine d’UniverSud-ULg, sur l'économie sociale et solidaire.