Avril 2017 /263

Indispensable sésame

L’examen d’entrée en médecine et en dentisterie aura lieu le 8 septembre

Le 14 mars dernier, la Commission d’enseignement supérieur a adopté le projet de décret visant à instaurer un examen d’entrée en médecine et en dentisterie. Validé par le conseil d’état, le texte a été voté le 30 mars. Interview du doyen de la faculté de Médecine, le Pr Vincent d’Orio.

Le 15e jour du mois : Etes-vous satisfait?

DorioVincentVincent d’Orio : Le décret du ministre Marcourt répond à deux exigences. La première émane du gouvernement fédéral qui monnaye l’attribution des numéros Inami1 aux étudiants actuellement inscrits dans les filières de médecine et de dentisterie contre l’instauration d’un filtre pour limiter le nombre de ces praticiens à partir de 2023. La deuxième est celle du Conseil d’état jugeant caduc le concours instauré en 2016 par la Fédération Wallonie-Bruxelles (et qui entendait répondre à la requête fédérale). Il fallait donc transformer le concours2 et organiser, pour l’ensemble des universités francophones, un examen d’entrée à l’instar de ce qui se fait déjà dans la Région flamande.

Pour ma part, je pense que cette réduction du nombre d’étudiants garantira une qualité optimale de formation. Toutefois, si le système actuel de financement de l’enseignement supérieur perdure, je crains que la viabilité des facultés de Médecine soit mise à mal. La ministre s’était d’ailleurs engagée à trouver une formule nouvelle pour assurer cette viabilité.

Le 15e jour : Les modalités de l’examen sont-elles déjà connues ?

V.d’O. : L’examen d’entrée aura lieu le 8 septembre en un endroit unique, pour tous les élèves désireux d’entamer des études de médecine et de dentisterie. Une seule session sera organisée en 2017, mais il est envisagé qu’il y en ait deux ultérieurement et, peut-être, dans des lieux distincts.

L’examen a un double objectif : mesurer si les connaissances indispensables à l’entame du cursus sont acquises par les élèves dans les matières scientifiques (biologie, chimie, physique, mathématique), ce qui représente la première partie de l’examen, et vérifier leurs aptitudes à la communication, au raisonnement et à l’empathie, ce qui en constitue la seconde. Pour réussir, les candidats devront obtenir 10/20 dans les deux parties de l’épreuve et au moins 8/20 dans chaque matière.

DentisterieC’est l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (Ares) qui est chargée d’élaborer l’examen sous forme de “questionnaires à choix multiple” (QCM). C’est d’ailleurs sur le site de l’Ares3 que les jeunes devront s’inscrire avant le 1er août 2017. Outre le choix de la filière (médecine ou dentisterie), les étudiants devront mentionner l’université dans laquelle ils souhaitent entamer le 1er cycle des études et préciser leur situation de “résident” ou de “non-résident”… Seuls 30% parmi ces derniers (sur l’ensemble des élèves admis) seront intégrés. Dernier détail à ce stade : l’examen n’est valable que pour l’année en cours ; il ne pourra être présenté par le même candidat que deux fois sur une période de cinq ans.

Le 15e jour : Que pensez-vous de ce nouveau règlement ?

V.d’O. : Je suis assez sceptique sur les objectifs de la mesure. Aujourd’hui, il n’est pas démontré que la régulation du nombre de médecins telle que proposée soit adaptée aux besoins réels de la population. La seule motivation du gouvernement fédéral est, clairement, de réduire les coûts des soins de santé. Or, à l’exemple de l’Allemagne, je pense qu’il faut faire correspondre l’offre médicale aux besoins et non l’inverse. Et je suis persuadé que la définition des attentes doit se faire au niveau régional, en tenant compte des spécificités de la population locale et de la géographie des lieux. La carte des besoins ainsi dressée serait plus cohérente, plus logique, et en adéquation avec la capacité de formation des Facultés.

 

1 L’Institut national d’assurance maladie-invalidité (Inami) – sous la tutelle du ministre des Affaires sociales et de la Santé publique – délivre un “numéro Inami” à chaque médecin, sésame indispensable pour le remboursement au patient des consultations, prescriptions et médicaments.
2 Le concours sera organisé le 22 juin pour les étudiants actuellement en bloc 1.
3 Site de l’Ares : www.ares-ac.be/fr/

Propos recueillis par Patricia Janssens
Photos : J.-L. Wertz
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