May 2017 /264

4 thèmes pour un court-métrage

Un film inspirant

« Nous avons tous envie que le monde tourne mieux, dans le respect des hommes et de la nature. » Derrière ce préambule, les étudiants du master en gestion des entreprises sociales se sont transformés en journalistes audiovisuels, le temps de confronter leurs envies pour demain à la réalité de plusieurs entreprises wallonnes d’aujourd’hui. Cela donne un petit film d’une dizaine de minutes inspiré par Demain, le fameux documentaire réalisé il y a deux ans par Cyril Dion et Mélanie Laurent, point de vue optimiste axé sur les défis environnementaux et sociaux du XXIe siècle, à travers des initiatives débusquées dans dix pays du monde.

DE L’ACTION

CourtMetrageSi le film français avait balayé les problématiques de l’agriculture, de l’énergie, de l’économie, de l’éducation et de la gouvernance, le court-métrage des jeunes universitaires liégeois a, quant à lui, ciblé quatre thématiques à travers quatre exemples choisis lors de réunions avec l’Académie des entrepreneurs sociaux, une plateforme qui rassemble les activités de formation, de soutien et de mise en réseau des entrepreneurs sociaux portées par le Centre d’économie sociale (CES) de HEC Liège. « Le film est une des réalisations permises par le projet Ambassadeur porté par Éric Bernard, chargé de mission pour le cabinet du ministre Marcourt, dans lequel nos étudiants ont été directement impliqués. L’objectif est de sensibiliser les jeunes par les jeunes sur un secteur et des pratiques qui doivent encore gagner en visibilité », explique Maxime Bouchat, coordinateur à l’Académie. Réalisé dans un format très professionnel, grâce à la collaboration d’Anne Savaton (productrice de l’émission de la RTBF “Une brique dans le ventre”), le film avait été diffusé en guise d’ouverture du débat d’une conférence internationale consacrée au thème de l’économie sociale ou solidaire dans les territoires.

En réalité, son cheminement avait pris sa source au tout début du mois de septembre à Montréal, lors du Forum mondial de l’économie sociale dont le thème était la collaboration entre gouvernements locaux et acteurs de l’économie sociale. « De là, à l’occasion du 20e anniversaire de la Sowecsom et du premier Forum des coopératives organisé par l’AEI, nous avons été invités à rencontrer Cyril Dion. Une réflexion a ensuite germé pour présenter un film sur la thématique à la conférence internationale. Le but était de montrer que ce qui était présenté dans le film Demain se passait aussi en Belgique », raconte Mathilde Rouxhet, étudiante de 2e master. Dans une orientation inductive, la vidéo part à la découverte de quatre entreprises situées à Liège, Gembloux, Namur et Louvain-la-Neuve développant respectivement la gouvernance participative, l’agriculture bio, le recyclage et les valeurs sociales. « Pour ce dernier thème (ndlr : le troisième dans la vidéo), il s’agissait d’une société internationale spécialisée dans l’équipement médical de la protonthérapie pour soigner les cancers, et qui présentait un profil relativement classique. J’ai vraiment apprécié le fait de découvrir que le développement d’une dimension sociale et environnementale était aussi à la portée des grosses structures cotées en bourse », commente Fanny Englebert, la seconde journaliste improvisée.

NOTION DE SENS

L’autre objectif du film 4 entreprises aux pratiques inspirantes, maintenant hébergé sur YouTube, est de faire connaître le master en management des entreprises sociales à HEC Liège au sein de la pointe d’excellence en “Social Enterprise and Business Ethics”. En plus de former les étudiants aux compétences transversales en gestion, il a pour ambition de développer chez eux des compétences spécifiques à l’entrepreneuriat social et de les outiller pour qu’ils intègrent au mieux les aspects sociaux, éthiques et environnementaux au cœur de l’activité économique des entreprises. On y parle donc aussi de coopératives, d’associations sans but lucratif, de développement durable, d’éthique… « L’étudiant apprend alors à gérer une entreprise efficace sur le plan économique et juste sur le plan social et environnemental. Bref, c’est un master où les valeurs rejoignent réellement l’économie. La notion du sens est omniprésente », ajoute Maxime Bouchat. Et pour les étudiants qui ont participé à l’aventure pendant les trois jours de tournage, il importe naturellement d’alimenter un mouvement disruptif, en montrant que des initiatives concrètes fonctionnent déjà autour de nous pour recréer le nouveau puzzle de notre société menacée par l’effondrement des écosystèmes.

* voir 4 entreprises aux pratiques inspirantes sur http://tinyurl.com/demain-ES

Fabrice Terlonge
Photo : Maxime Bouchat
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