L’Association des cercles francophones d’histoire et d’archéologie de Belgique en congrès
Directrice du Centre d’histoire des sciences et des techniques de l’université de Liège (CHST), Geneviève Xhayet est aussi secrétaire générale du prochain congrès de l’Association des cercles francophones d’histoire et d’archéologie de Belgique (ACFHAB) qui se tiendra dans notre Institution, du 23 au 26 août prochain.
Ces congrès, à finalité généraliste, se tiennent tous les quatre ans dans une ville francophone de Belgique. Il rassemble plusieurs centaines d’historiens, historiens de l’art et archéologues de l’actuelle Fédération Wallonie-Bruxelles, mais aussi de Flandre et d’au-delà des frontières belges. Le recteur honoraire Arthur Bodson est président du comité scientifique de cette neuvième édition et Geneviève Xhayet la secrétaire générale.
Rencontre.
Le 15e jour du mois : En quoi consiste ce type de congrès ?
Geneviève Xhayet : Aucune thématique générale n’étant imposée au préalable, l’éventail des communications se révèle extrêmement large. Pas moins de 14 sections sont ainsi retenues pour les trois journées, couvrant tous les champs d’étude concernés. Cela va de l’histoire politique et institutionnelle à des questions plus pointues comme la généalogie, l’héraldique, la numismatique, la sigillographie, la gestion des archives et bibliothèques en passant par des sujets plus attendus tels que les relations internationales, l’économie et la société, la culture matérielle, les religions et mouvements philosophiques, les expressions artistiques (y compris la musique), sans oublier les matières relevant de l’ethnographie, du patrimoine immatériel et, bien sûr, de l’archéologie. Ce vaste éventail de domaines abordés explique le nombre élevé des intervenants. Le but premier de ces congrès étant de faire se rencontrer des gens qui partagent une même passion. Avec, pour le grand public, une possibilité de venir s’y instruire et de se mettre au courant des recherches scientifiques les plus récentes.
Le 15e jour : De quand datent ces congrès ?
G.X. : Ils ont vu le jour en 1885, à Anvers, après la constitution l’année précédente de la Fédération des cercles d’archéologie et d’histoire de Belgique. Si l’on fait un saut dans le temps, et pour se limiter à l’entre-deux-guerres, on peut notamment évoquer l’édition de 1935 qui réunissaitalors à Bruxelles la crème des historiens de l’époque, avec quelques-uns parmi les plus jeunes qui feront une brillante carrière à l’université de Liège : Robert Demoulin, Paul Harsin, Fernand Vercauteren. Depuis 1978, à la suite de la régionalisation de l’Etat, la Fédération des cercles s’est scindée en deux. Pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, c’est l’“Association des cercles francophones d’histoire et d’archéologie de Belgique” qui patronne le congrès. Et sous cette nouvelle mouture, c’est la deuxième fois que Liège est la cité d’accueil. L’événement est organisé par l’Institut archéologique liégeois qui a été fondé en 1850 à l’initiative de quelques hommes animés du désir de “rechercher, rassembler et conserver les oeuvres d’art et les monuments archéologiques que renferme la province”, mais surtout par le “Comité interuniversitaire des historiens des sciences René-François de Sluse” – qui a pour objet “la promotion de l’histoire des sciences et des techniques, ainsi que le sauvetage, la préservation, l’inventaire, l’étude et la valorisation du patrimoine scientifique, technique et industriel de la Fédération Wallonie-Bruxelles”. Ce comité doit son nom au chanoine de Saint-Lambert (1622-1685), qui s’illustra particulièrement dans les mathématiques ; en 1985, Robert Halleux consacra un colloque à ce grand savant, doublé d’un humaniste, de notre ancienne Principauté.

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