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La femme dans l’entreprise familiale
28/11/2012

Quelle est la place des femmes dans les entreprises familiales belges francophones en 2012 ? A la demande de l’Institut de l’Entreprise familiale, Nathalie Crutzen, Fabrice Pirnay et Zineb Aouni de HEC-Ecole de Gestion de l’Université de Liège, se sont efforcés de répondre à cette question et ont publié le fruit de leur enquête quantitative et qualitative dans une étude qui contribue à une meilleure compréhension de l’implication des femmes au sein de l’entreprise familiale. 

Quel que soit le domaine de la vie socio-économique, les femmes sont relativement peu présentes au sommet des organisations. L’entreprise n’échappe pas à la règle et malgré quelques progrès enregistrés ces dernières années, le plafond de verre demeure une réalité et très rares sont les femmes à accéder à la tête d’une entreprise. C’est le cas dans les grands groupes et sociétés, mais existe-t-il des différences avec les entreprises familiales qui composent la grande majorité de notre tissu économique et quelle place leur est donc réservée ou attribuée au sein de l’entreprise familiale ? C’est pour répondre à ces questions parmi d’autres que l’Institut de l’Entreprise Familiale a commandité une étude à l’Université de Liège. Intitulée «La place des femmes dans les entreprises familiales belges francophones en 2012», cette dernière a été réalisée par Nathalie Crutzen, chargée de cours à HEC-Ecole de Gestion de l’Université de Liège, Fabrice Pirnay, premier assistant et directeur du Centre de recherche PME, et Zineb Aouni, chercheuse au Centre de recherche PME (1).  

Des rôles multiplesschéma-organesdirection

Avant d’aborder les volets quantitatif et qualitatif de leur étude, les auteurs reviennent sur les rôles que jouent les femmes au sein de l’entreprise familiale. Rappelant que ce type de société mêle à la fois entreprise et famille et que les femmes sont davantage associées à la seconde qu’à la première. Il en ressort au travers de la littérature que, malgré une implication croissante des femmes au sein de l’entreprise, leur rôle demeure encore assez informel. Plus précisément leurs rôles, car les femmes exercent souvent plusieurs fonctions, officielles ou non. Dans cette étude, «le choix a été fait de se focaliser sur les femmes de la famille qui y sont actionnaires, employées, propriétaires-gérantes ou qui sont de la famille sans exercer aucune fonction dans l’entreprise familiale, ni y détenir une part du capital. Ces femmes peuvent occuper différentes ‘places’ dans la famille. Elles peuvent être (grand) mère ; épouse ; (petite) fille ; sœur, nièce ; tante ; cousine, belle-mère, belle-fille, belle-sœur, etc.». Sans surprise, les principaux obstacles à l’implication des femmes relèvent de normes sociales et culturelles véhiculant en quelque sorte des stéréotypes sexistes, encore bien ancrés, qui «sont liés à une perception traditionnelle des rôles ‘hommes-femmes». Toutefois, si ces stéréotypes, voire discriminations selon certains auteurs, empêchent la reconnaissance des femmes dans l’entreprise dans un rôle autre que celui que les hommes ont tendance à leur assigner, on observe une implication croissante des femmes au sein des entreprises familiales où elles peuvent apporter un indéniable plus.

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