Le site de vulgarisation scientifique de l’Université de Liège. ULg, Université de Liège

Des balles magiques contre le cancer ?
15/03/2013

Ensuite, la formulation doit être testée, ce qui se fait en étroite collaboration avec d’autres laboratoires de recherche. L’évaluation de l’efficacité du vecteur se fait d’abord sur des modèles de culture cellulaire avant de passer sur des modèles in vivo, en général des souris. Des phases qui sont menées, selon la nature des projets, soit avec le laboratoire de biologie des tumeurs et du développement des Professeurs Foidart et Noël (LBTD), soit avec le laboratoire de recherche sur les métastases du Professeur Castronovo (LRM), soit encore avec le service d’anatomo-pathologie du Professeur Delvenne (LAP). Les essais cliniques, ce sera pour plus tard…

Parmi les projets en cours, Géraldine Piel cite un projet de ciblage actif visant les cellules endothéliales pour inhiber l’angiogenèse tumorale, avec un vecteur polymérique transportant des si-RNA, ou un autre basé sur l’emploi de vecteurs lipidiques et également des si-RNA pour inhiber la production de certaines protéines en cas de cancers liés au virus HPV, en particulier le cancer du col de l’utérus. « Dans ce deuxième cas, l’idée est d’exercer une inhibition prolongée, donc il faut que nous trouvions un système qui permette au vecteur de rester en place au niveau du col utérin le plus longtemps possible. C’est un projet mené avec le soutien du Télévie ; il est encore très fondamental puisqu’il n’existe aucune thérapie de ce genre sur le marché. » Un autre projet, mené en collaboration avec le laboratoire de Génétique humaine du Professeur Vincent Bours, vise à l’administration d’une molécule issue d’une plante, qui aurait des propriétés anticancéreuses intéressantes pour le traitement des glioblastomes.
accumulation-nanoparticules

Cela dit, le laboratoire de pharmacie galénique peut déjà faire valoir quelques résultats encourageants. « Nous avons mis au point avec le LBTD un liposome permettant la délivrance pH-sensible d’une molécule active dans le cancer du sein, qui permet l’adressage d’un peptide spécifique au niveau des cellules tumorales. Le vecteur fonctionne très bien… mais la molécule active n’est pas encore tout à fait au point. Donc pour le moment ce projet est en stand by. » Autre projet prometteur : le projet « Carcinome » qui porte sur l’administration de matériel génétique pour le traitement de carcinomes basocellulaires de la peau, avec une activation par photothérapie. « Le projet est terminé mais il va trouver un prolongement dans le projet Télévie sur le cancer du col de l’utérus. Les résultats sont encourageants et donc nous espérons arriver un jour à quelque chose de commercialisable. »

Mais ce n’est pas fini !

Mais n’allez pas croire que les galénistes se reposent sur leurs lauriers ! Car après avoir mis au point le vecteur idéal, il faut lui trouver une méthode de fabrication robuste. Il y a en effet un monde de différence entre les tâtonnements éventuellement couronnés de succès qui sont menés au laboratoire et la fabrication industrielle du même produit ! « Si on veut un jour avoir un médicament qui arrive sur le marché, énumère Géraldine Piel, il faut que son processus de fabrication soit transposable à une échelle de production industrielle, ce qui n’est pas une mince affaire. Ensuite, il faut aussi que l’objet puisse être stérilisé, en sachant qu’on ne peut généralement pas utiliser les procédés qui font appel à la chaleur qui risquent de le modifier. Enfin, le vecteur doit également être stable, parce qu’un médicament qui a une durée de vie de 6 mois, ce n’est pas rentable. Or les liposomes ont souvent une stabilité faible en milieu aqueux, donc nous devons les lyophiliser, pour en faire une poudre qu’on remettra ensuite en dispersion avant l’injection. »  La recherche doit être parfaite jusque dans les plus petits détails…

Page : précédente 1 2 3 4

 


© 2007 ULi�ge