Janvier 2016/250

Sorties de presse

Images et représentations : L’universalité des signes graphiques

UniversalitesSignesGraphiquesDans un musée, d’art ou de préhistoire, on aboutit toujours à l’individu. Les oeuvres sont présentées dans leur singularité. Partant de ce constat contre lequel il s’insurge (“la particularisation prend lieu et place, sert de substitut à la signification fondamentale, pourtant constante dans toute production de signes plastiques”), Marcel Otte, professeur émérite de Préhistoire à l’université de Liège, s’efforce dans son dernier ouvrage* de dégager des formules graphiques fondamentales que partagent nos peuples des temps préhistoriques et, aujourd’hui, ceux restés à l’écart de l’expansion occidentale. Il repère ainsi des “coïncidences plastiques [qui] relèvent des moments, des situations dont elles illustrent la cohérence”. Ces images ne sont pas seulement réductibles à l’artiste qui les a créées mais elles traduisent, partout et tout le temps, le rapport entre l’humain et l’univers en même temps que les sensibilités particulières où elles furent produites.

Un exemple ? La schématisation. Marcel Otte montre, dessins à l’appui, comment ce qu’il appelle la “dissolution du référent naturel” fait basculer l’icône vers le signe dépouillé, une abstraction bientôt chargée d’un sens. « Une voie collective », écrit-il. Mais, on le sait, l’image n’a pas qu’une fonction signalétique ; elle exerce aussi une emprise spirituelle. Et cela appartient à tous les âges et tous les lieux, selon des modalités diverses. Au Nouveau-Mexique, les femmes pueblos peignent un cerf enfermé dans une cavité ; une statuette néolithique en argile est percée de plusieurs pointes de silex ; la représentation d’un bison du Paléolithique est perforée à plusieurs reprises : autant de graphismes qui ne représentent pas la chasse, mais indiquent une mise à mort magique, une évocation spirituelle où l’homme domine l’ensemble de la nature. Il s’agit ici de favoriser la chasse et non seulement de la représenter. Pour Marcel Otte, “on observe des convergences texturales par lesquelles une image tire sa puissance du support auquel elle est intimement liée. Elle en emprunte à la fois la massivité et la texture, comme si un voile d’esprit avait été disposé sur un support naturel, en une sorte de symbiose dont les composantes ne se distinguent plus”. Un procédé qui, pour l’auteur, est universel, “ce qui provoque de frappantes analogies formelles dans tous les coins du monde”.

Henri Dupuis

* Marcel Otte, L’universalité des signes graphiques, L’Harmattan, Paris, 2015.

***NomsRivieresWallonie

Jean Loicq
Les noms de rivières de Wallonie, y compris les régions germanophones. Dictionnaire analytique et historique
Peeters, Louvain-Paris, 2014

Ce dictionnaire étudie pour la première fois l’ensemble des noms de cours d’eau de la Région wallonne, actuels ou convertis en noms de lieu. Précédé d’une introduction sur le passé linguistique de la Wallonie et de sa lisière germanophone, il replace chacun d’eux dans sa situation hydrographique, reproduit avec leur contexte les formes les plus anciennes des noms et, autant que possible, en précise l’étymologie et la signification première.

Jean Loicq est professeur honoraire de l’ULg, membre de la Commission royale de toponymie et de dialectologie et vice-président de la Société belge d’études celtiques.

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